Partir seul(e) en randonnée fait hésiter énormément de monde — et pas seulement par manque de courage. Une étude Tourlane/Ifop montre que 78% des Françaises n'ont jamais voyagé seules en dehors de l'Europe, et que le frein n°1 cité (44%) n'est pas la sécurité mais l'anxiété de se retrouver seule. C'est une nuance importante : ce n'est pas la nature qui fait peur, c'est l'idée de l'isolement. Or un séjour encadré en petit groupe répond justement à ça — vous partez seul(e), vous ne restez jamais seul(e).
Le chiffre surprend souvent : selon l'Organisation Mondiale du Tourisme, le nombre de femmes voyageant en solo dans le monde est passé de 54 millions en 2014 à 138 millions en 2017 — le mouvement est réel, et il s'accélère. Pourtant, l'étude Tourlane/Ifop sur les femmes et le voyage solo révèle que 78% d'entre elles n'ont encore jamais tenté l'expérience en dehors de l'Europe.
Ce qui retient la plupart des femmes n'est pas ce qu'on imagine spontanément. L'anxiété de se retrouver seule arrive en tête des freins cités (44%), loin devant la question de la sécurité (32%). Autrement dit : l'obstacle principal n'est pas « est-ce dangereux », mais « vais-je me sentir isolée ». Une différence qui change complètement la manière d'y répondre — et qui explique pourquoi tant de conseils axés uniquement sur la sécurité (applications, partage de position, équipement) manquent la cible.
Pas seulement. Il y a une seconde couche, moins visible : la charge mentale d'organiser un départ seul(e), en plus d'un quotidien déjà chargé. Choisir une destination, vérifier le niveau requis, se demander si on va « trouver sa place » dans un groupe qu'on ne connaît pas encore, gérer la logistique du trajet — tout ça pèse avant même de partir, indépendamment de la peur physique.
C'est une charge à part entière, distincte de l'appréhension de la marche elle-même. Beaucoup de personnes qui hésitent à partir seules ne redoutent pas la montagne : elles redoutent la somme de micro-décisions à prendre seules pour y arriver.
C'est un champ de recherche plus solide qu'on ne le pense. Selon une synthèse publiée en 2022 (Surkalim et al.), un adulte sur douze dans les pays industrialisés vit un niveau de solitude suffisant pour nuire à sa santé mentale et physique — un chiffre qui contextualise à quel point la question du lien social n'est pas anecdotique.
En réponse, plusieurs programmes de recherche européens testent aujourd'hui des interventions collectives en nature comme piste concrète. Le projet RECETAS, financé par l'Union Européenne et mené simultanément à Barcelone, Helsinki et Prague, évalue spécifiquement l'effet d'activités de groupe en nature sur le sentiment de solitude. Son volet finlandais « Friends in Nature » a réuni 162 participants isolés autour de sorties nature hebdomadaires pendant 9 semaines, avec des résultats encourageants sur la solitude perçue.
Ce que ces recherches suggèrent, c'est que le lien qui se crée dans un groupe en nature n'est pas qu'un « à-côté » agréable du séjour — c'est un mécanisme en soi, étudié pour son effet propre sur le bien-être.
C'est la question qui compte le plus concrètement. Dans un séjour organisé en petit groupe, la logistique qui pèse le plus (le « où », le « comment », le « avec qui ») est déjà réglée avant même d'arriver. Il ne reste que la marche, les repas partagés, les soirées au gîte — et le groupe qui se forme sans qu'on ait eu à l'organiser soi-même.
C'est aussi ce que remontent, de façon presque systématique, les personnes venues seules sur nos séjours : elles arrivent seules et repartent avec un groupe. Ce n'est pas une formule marketing, c'est littéralement la mécanique d'un séjour en petit collectif (5 à 10 personnes) sur plusieurs jours : la table commune, les randonnées partagées, les soirées au gîte finissent par créer un lien qu'un voyage en solitaire ne recrée pas spontanément.
Est-ce pour moi si je n'ai jamais voyagé seul(e) ?
Oui, et c'est même le profil le plus fréquent. On ne demande ni expérience de voyage solo, ni aisance sociale particulière : le format du séjour (petit groupe, encadrement professionnel, hébergement partagé) fait le travail de mise en lien à votre place. Le seul vrai prérequis, c'est une condition physique compatible avec le niveau annoncé du séjour choisi — le reste se construit sur place, au fil des journées.
Non — c'est même l'inverse le plus souvent observé : les groupes constitués (couples, amis) se mélangent naturellement avec les personnes venues seules au fil des randonnées et des repas partagés. La dynamique de groupe se construit sur les 4 jours, pas sur qui est arrivé avec qui.
Non, les groupes mêlent généralement plusieurs générations et profils. Ce qui rassemble les participants, ce n'est pas l'âge mais l'envie commune de ralentir et de se reconnecter.
Non, mais il faut choisir un séjour dont le niveau correspond à votre pratique réelle. Un format d'exploration (marche de 4-5h/jour) reste accessible sans expérience préalable de la montagne.
Ils sont pris en commun, à une table partagée avec l'ensemble du groupe et les encadrants — c'est d'ailleurs souvent le moment où les liens se créent le plus naturellement.
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